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L’Indus, berceau de la civilisation indienne.
L’Inde antique a connu deux cycles de civilisation urbaine : l’un protohistorique (la civilisation de la vallée de l’Indus, ou « harapéenne »), et l’autre historique (Empire Maurya et post-Maurya). Entre les deux prennent place mille ans de culture villageoise, pendant lesquels les activités artistiques semblent être au plus bas.
C’est dans le miroir de la protohistoire que les Indiens d’aujourd’hui se regardent avec le plus de passion. La nature des sources accessibles pour la connaître est disparate : d’un côté un corpus de textes sanskrits archaïques datés du second millénaire avant notre ère, les Vedas, de nature rituelle et poétique, produits dans une société mobile d’éleveurs et de guerriers ; de l’autre les vestiges archéologiques de grande ampleur attestant la présence d’une civilisation urbaine et marchande homogène et dont on ne sait toujours pas déchiffrer l’écriture : l’Indus.
La seule certitude sur laquelle s’appuyer est l’ancienneté comparable de l’évolution de l’Inde de l’Indus et des régions du Croissant fertile, de l’invention de l’agriculture et de l’élevage aux alentours du 8ème millénaire à l’invention de la ville marchande aux alentours du 3ème millénaire.
Cette culture urbaine couvre au nord ouest du sous-continent le Sind, le Penjab, l’Haryana et une partie du Rajasthan actuels.
Tous les éléments retrouvés militent en faveur d’une organisation sociale élaborée.
Son développement se situe entre le 6ème et le 2ème millénaire, l’apogée prenant place autour de 2700 avt JC. Ce fut la seconde grande civilisation urbaine après la Mésopotamie. Toutes les deux étaient en relation, en tant que bornes d’un immense réseau d’échanges (plaque indo-iranienne), les marchands de l’Indus naviguant aussi vers l’Elam, l’Iran occidental, et Oman.
Les caractéristiques majeures de la civilisation de l’Indus sont les suivantes :
- Une urbanisation avancée et une architecture monumentale. Au cœur de fortifications élaborées, quelques grandes cités ont leur citadelle en hauteur et leur ville basse à ses pieds. Mohenjo Daro et Harappa comptaient: environ 50.000 habitants. Chacune bénéficiait sans doute de son autonomie politique. Elles s’organisent selon une parfaite géométrie en îlots en damier, dans un plan rectangulaire ; les rues y sont dallées de terre cuite, et les vastes maisons fermées sur l’extérieur et ouvertes sur une cour intérieure; l’aménagement sanitaire y est remarquable et efficace (drains d’évacuation des eaux usées et fosses de décantation, égouts, bains, toilettes, puits publics, grands bassins et réservoirs) ; l’absence d’édifices de type « palais » et la simplicité des rites funéraires plaident contre une royauté ; l’aristocratie dominante était-elle une oligarchie de marchands ? On relève également l’existence de quartiers ouvriers et artisans.
- Cohabitent systèmes municipaux organisés et centres agricoles ; d’immenses silos et greniers attestent la culture de blé, d’orge, de pois, de sésame et de coton ; l’élevage intensif est pratiqué.
- Les indusiens sont des marins. Dans des ports comme Lothal (golfe de Cambay) se négocient l’or, le cuivre, le lapis lazuli, le bois. L’art de la bijouterie est très élaboré : les perles d’ivoire, d’or, d’argent, de cuivre et de pierres dures s’échangent.
- L’époque produit un art de la sculpture et de la terre cuite original. L’acuité de perception, l’humour et la spontanéité caractérisent les représentations de la déesse-mère, la recherche d’expression et de mouvement menant parfois à la caricature. Les figurines sont modelées à la main, et reçoivent des applications pour les coiffures, leurs seins et les parures.
- Enfin, l’importance accordée à la glyptique nous a laissé les témoignages d’une écriture indéchiffrée de 400 signes. Des sceaux, de scellement de jarres mais aussi officiels voire honorifiques, sont le support de ces pictogrammes mystérieux, mais aussi d’un bestiaire accompagné parfois de figures humaines.
Des invasions en plusieurs vagues, menées au 2ème millénaire, expliquent sans doute en partie la disparition de cette culture, par ailleurs mise à mal par des changements climatiques radicaux.
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article publié : 2011-04-30 à 18:03:47 - auteur : pascale lepinasse - site : http://www.cap-conferencier.com